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Tag - chez la concurrence

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vendredi, février 11 2011

Nokia schizophrène

On me demande souvent "mais que fait Nokia ?". Bonne question : après avoir inventé la tablette internet, par le N770, quatre ans avant que Apple révolutionne le marché avec un produit sur le même secteur (en faisant évidemment semblant, comme à l'accoutumé, d'avoir inventé le bidule, d'ailleurs ils ont tout inventé sur Terre -- à moins que ce ne soit Xerox), après avoir sorti l'année dernière le N900, Nokia était victime de managerialite (aussi appelé : "dérive bureaucratique"). C'est une maladie courante dans les grandes entreprises : à force de stagner, tout un chacun est promu manager, peu importe en réalité ses compétences. Or, un mauvais manager, qui se reconnait au fait qu'il a le leadership d'une huître, ne prend pas de risque : résultat, les merveilles des techno-geeks de folie de Nokia finissaient entre geeks, bien loin du mass market. Et pendant ce temps, comme tout bon gros bourgeois assis sur ses lingots d'or, Nokia vivait sur ses rentes, c'est-à-dire son énorme part de marché sur la téléphonie classique, et même sur la téléphonie smartphone (au sens large, 44% tout de même, mais si technologiquement Symbian reste bien éloigné de l'iPhone et Android, le comptage n'est pas bien discriminant).

Évidemment, une telle situation ne dure jamais, surtout sur un marché où le renouvellement se fait à présent en deux ou trois ans (un an chez les iPhone fans, qui s'achètent en permanence les nouveaux modèles, comme si la crise n'existait pas). Et ça, l'actionnaire, il le sait. Exit donc le vieux CEO de Nokia, et bienvenu au nouveau. C'était en septembre dernier, le NY times nous analysait alors finement la situation (contrairement au Figaro). Le nouveau, donc : Stephen Elop, canadien (Nokia avait toujours été dirigé par un finlandais !), et... ancien de chez M$. Ah ! À l'époque, je me disais : oui, bon, p'têtre bien que, sait-on jamais, il doit en connaître un rayon en marketting. Sauf que ce n'était pas par là que Nokia péchait (leurs publicités, même pour le N900, sont toujours au top -- comparez avec Blackberry ou Phone7, qui laisse pantois devant tant d'aberration anti-communicante). Ni trop en terme de stratégie de développement : Nokia a racheté Trolltech il y a deux ans, c'était exactement ce qu'il fallait faire. Non, définitivement, le problème était purement managerial ET stratégique, pour être plus précis, il fallait donner une ligne claire, des objectifs clairs, et que tout le monde suive la même direction (au lieu de laisser les excellents projets dans des quasi-placards -- il fallait compter deux mois d'attente pour espérer un N900 l'année dernière, absurde !). À l'époque, on pouvait ainsi lire que Stephen Elop était the wrong guy.

He bien, il s'avère que le gus est effectivement bien mauvais. Déjà, il pousse une gueulante comme un putois en s'apercevant que 4 mois après sa prise de poste, rien ne va : ça, mon gus, c'était justement ton boulot. Outre que c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire (ça avance à quoi, hein ? Tes chefs pépères vont le rester, tes geeks motivés le sont bien moins), il fustige le fait que MeeGo ne sera pas prêt avant un an : le drame. Parce que franchement, on ne va pas me faire croire qu'il n'a pas les moyens de faire mieux. Et les moyens, on se les donne.

Sa technique fulgurante : signer un accord avec M$ (et avec Ballmer en personne, qu'il ne devait rencontrer qu'une fois l'an lorsqu'il était son N+X) pour mettre du Phone7 sur les terminaux Nokia. Ah ça c'est sûr, ça fait baisser le TTM. Je suis moins sûr que cette stratégie puisse être qualifiée d'intelligente ; je vous la refais sans litote : c'est absolument, profondément, crétin.

Je vous laisse apprécier les commentaires en dessous de l'article précédent. Tout le monde attendait Nokia sur des technos innovantes. À la place, on aura du la dernière mouture de WinCE, qui aurait pu être la dernière avant abandon du marché si cela n'avait pas pris. À la télévision, c'est Microsoft qui assure la publicité de son OS, sans présenter aucun terminal : en fait, il en existe quelques uns, certainement pour éviter les procès sur Android, et supportés par des opérateurs (comme Orange) qui ne supportent plus les détournements d'Android (google talk qui ne fait pas payer la messagerie instantanée, le partage de connexion 3G sur PC fourni de base, etc). Côté ventes, c'est mystère et magouille de chiffres.

Nokia, avec sa population d'ingénieurs formés à Symbian (libéré) et Linux, va donc devoir s'adapter à un nouveau produit dont elle ne connaît rien, et abandonner en rase campagne des équipes qui bossent sur des technos autrement plus innovantes, et libres, sur lesquelles elle avait la main de A à Z. Et cela dans le but de séduire un marché qui n'a que faire de cette technologie, arrivée trop tard et qui véhicule une image déjà dépassée (tandis que Blackberry attaque déjà le mass market et madame Michu, rachetant au passage QNX, ce qui est autrement plus malin). Et alors même qu'une communauté geek est très forte du côté Maemo/Meego. On y croit très fort.

Nokia vient de passer la vitesse supérieure, c'est certain. Vers le mur.

mardi, juin 1 2010

Apple sentirait-il le vent tourner ?

C'est ce que l'on peut se poser comme question au regard de la sortie de l'arme nucléaire juridique : les brevets logiciels. Pour rappel, les brevets logiciels ne sont valables qu'aux USA et autres pays de ce goût-là (le Japon, par exemple), mais heureusement pas en Europe (malgré la poussée de lobbies mal intentionnés). La situation est la suivante : les grands groupes possèdent des porte-feuilles entiers de brevets validés par un bureau peu regardant (le double-clic pour Microsoft, l'achat en un clic pour Amazon, etc), et se mènent une guerre... froide. Équilibre des forces. Les nouveaux arrivants, eux, se font bouffer tout crus : avant de pouvoir s'acquitter de la liste des brevets à payer pour faire quoi que ce soit, ils ont déjà entamé tout leur capital. Nouveaux arrivants qui ne sont pas (forcément) de petites entreprises à croissance potentielle exponentielle (celles-là sont obligées de conquérir de nouveaux marchés, Internet dans les années 90-2000 par exemple) ; on pense en fait plutôt aux asiatiques ; ou aux grandes sociétés voulant s'étendre sur un secteur où elles étaient absentes.

Et c'est ainsi que Google marcha sur les plate-bandes d'un arrivant pas beaucoup plus ancien dans l'histoire de l'embarqué (ni de la téléphonie portable) : Apple. Pour rappel, l'iPhone a certes très bien marché, mais pas aussi bien dans le reste du monde qu'en France (il y a un syndrome certainement nombriliste français d'induction forte ; un peu comme lorsqu'on croit que MSN s'est imposé partout : en fait, c'est juste totalement faux -- j'accorde un phénomène de sur-visibilité dû à l'unicité de forme des produits, tout au plus) ;et même sur le marché spécifique des smartphones le leader de très loin reste Nokia (44%), suivi de BlackBerry (19%). Il n'empêche : l'iPhone possède (entre autres) le multi-touch. Mais la dernière mouture d'Android aussi. Et donc le Desire, le Nexus (seul commercialisé sous la marque Google mais en réalité sous-traité) ou les prochains téléphones de HTC de même. Apple attaque violemment sur le terrain de la propriété intellectuelle HTC, le Taïwanais qui pèse bien moins (presque dix fois moins) lourd qu'eux en bourse -- mais après tout, Apple ne valait plus grand chose il y a 10 ans. En réalité, c'est à Google que s'adresse Apple ; avoir le courage de les affronter n'est cependant pas au programme (allez savoir pourquoi, n'est-ce pas ?).

Si l'honneur de personne ne sort jamais grandie de ce genre d'affaires, il est en tout cas assez cocasse de voir ainsi Apple, qui a débuté en piratant le réseau téléphonique de AT&T, et qui a piqué bon nombre de ses idées "novatrices" de ses débuts à Xerox (l'interface graphique et la souris, entre autres), Apple qui est en train de nous faire croire qu'ils ont inventé la tablette Internet tactile là où le N770 existe depuis 2005, jouer aux vierges effarouchées dès qu'il s'agit de défendre son bout de gras. Tous les coups sont permis. HTC contre-attaque déjà, avec les mêmes armes. Une bataille de longue haleine s'engage.

Avec 5 millions d'appareils vendus sous Android (et 4 autres millions sous d'autres systèmes Linux), les parts de marché de Apple  se voient menacées : c'est bien sur le même segment que ce situe la bataille. RIM pourrait aussi en pâtir lourdement ; je l'ai déjà écrit, Microsoft sent la partie lui échapper. Les prévisions que l'on pensait très optimistes pour 2012 (et qui avaient été formulé en 2008) de l'impact de Linux dans le marché de la téléphonie sembleraient à présent... sous-estimées ! Car avec l'abandon programmé de Symbian pour du MeeGo, le renouvellement du parc d'ici deux ans, via un levier Nokia qui possède 44% du marché des OS de smartphones (et 35% du marché de la téléphonie), va être certainement très impressionnant.

Mais Google ne s'arrêtera pas là : les tablet PC vont venir chatouiller l'iPad, et on compte déjà Archos, ASUS (Eee Pad), Dell (Streak, Mini 5), Samsung (S-Pad), Notion Ink (Adam). On verra si Apple néglige toujours le port USB (comme ils avaient négligé la 3G sur le premier iPhone, quand on y pense). Deux philosophies vont s'affronter : l'ouverture (évidemment, il y a la problématique du Market, mais elle est justifiable d'un point de vue de la sécurité) vs la fermeture totale du business model à la pomme.

Et un nouveau marché semble encore à conquérir : la télévision numérique. Dans un marché sclérosé et fortement concentré aux mains de quelques monopoles, certes entamés par les opérateurs triple-play (qui découvrent le métier sur le tas), ça pourrait faire mal : pour peu que les opérateurs découvrent que l'on peut faire beaucoup mieux avec beaucoup moins cher et beaucoup moins complexe, ça risque de faire mal. Un peu comme lorsque Apple a mis un coup de pied dans la fourmilière des smartphones : car s'il faut bien leur reconnaître un mérite, un seul, c'est bien celui-là. La bataille ne se joue plus sur le software en lui-même : elle se joue sur le contenu, sur la valeur ajoutée intrinsèque. À ce niveau-là, Android a la portabilité et donc la diffusion de masse sur des secteurs variés, ramenant autant de développeurs nouveaux que possible, de son côté. Un avantage qui pourra s'avérer rapidement décisif.

jeudi, avril 29 2010

Microsoft sentirait-il le sapin embarqué ?

D'après Engadget, il semblerait que la firme de Redmond sente le vent tourner. La preuve : tout à coup, les voilà qui se réveillent et trouvent qu'Android a l'air de violer quelques uns de leurs zillons de brevets logiciels débiles (je rappelle qu'ils ont réussi à breveter le double-clic...). La bonne affaire. Sans même se donner la peine de dresser une (fausse) liste, les voilà qui réclament déjà leur obole aux intégrateurs, HTC en tête. On remarque que (coïncidence !) ces derniers ont totalement viré Windows Mobile de leurs téléphones, OS largement instable, pour le remplacer par de l'Android : Hero, Desire (que je viens d'acquérir, j'ai craqué, Meego va mettre trop longtemps pour arriver) et bientôt l'Incredible. Forcément, dans ce genre de cas, personne ne se fâche, et l'on paie contre réduction. Qui sera le premier à se rebeller et à aller au bout d'un procès ? Après tout, pourquoi vouloir encore caresser Microsoft, et ses technique commerciales que nous éviterons de qualifier afin de ne pas choquer la ménagère de moins de 50 ans, dans le sens du poil ?

Le chant du cygne embarqué, manifestement.

vendredi, mars 12 2010

dolosif arrière

Une technique très SSIIène consiste en la vente d'un projet sous-évalué, puis en la signature d'avenants au fur-et-à-mesure, surtout quand le client est dos au mur et ne peut plus reculer, qui s'accumulent jusqu'à faire exploser le budget initial. Technique célèbre, qui est évidemment le mal. Ne serait-ce que parce que la réputation du métier en pâtis. On pourrait d'ailleurs se demander si c'est la baisse des tarifs acceptables par les clients (longtemps plumés, dans les années 80/90 -- si vous saviez combien a coûté le site web de Radio France, et encore pas la totalité, c'est à pleurer -- c'est que ce sont nos impôts...) qui a entrainé ce genre de techniques contestables pour se rattraper (faire croire que ce n'est pas cher alors que oui, ça l'est vraiment), ou si c'est la concurrence entre sociétés proposant du service informatique, tirant toujours plus bas les prix (et donc les salaires -- problème connexe : un ingénieur mal payé est un ingénieur démotivé, faudrait-il toujours se rappeler ; et un ingénieur démotivé travaille plus lentement et produit plus d'erreurs), qui a pour effet de fausser ladite concurrence en annonçant des prix qui ne sont pas les bons dès le départ. Ou peut-être est-ce dû à une mauvaise émulation des deux phénomènes.

C'est en tout cas une dérive clairement constatée, qui en fait part d'un fait tout bête : les engagements contractuels portant sur du résultat (et non du moyen) nécessitent une estimation et une vision qui est rarement la bonne dès le départ (évidemment on fait ce que l'on peut, mais la boule de cristal est hors de prix chez Swarovsky® !), et qui est donc sujette à évolution (sachant que les cas litigieux ne sont pas rares : j'ai un ami informaticien fraichement retraité qui ne s'occupait plus que de ça à la fin de sa carrière, notamment sur la ligne 14 Meteor du métro parisien, où ça a pas mal chauffé paraît-il) ; on sait aussi que l'on fait généralement son beurre sur les avenants (ne serait-ce que parce que la phase d'avant-vente est inutile ou réduite à son maximum, et que l'expertise à faire valoir sur le produit est évidente). Il n'empêche que les (très) gros projets peuvent déraper, et ce de manière spectaculaire.

Rappelons encore : l'ingénieur a un devoir de conseil, et a fortiori la société qui l'embauche. Question de bonne ou de mauvaise foi. Les 11 millions d'Euros de condamnation d'IBM (première instance, appel évidemment interjeté, mais en tout cas une exécution provisoire ordonnée, donc les 11 millions doivent être versés, avec tout ce que ça implique en terme de trésorerie) tendraient à mettre un frein sérieux à ce genre de pratiques, qualifiées "manoeuvres dolosives" (rappelez-vous de vos cours de droit, différence dol/vol -- le dol est la tromperie, la fraude, ce qui implique d'avoir su dès le départ mais de n'avoir rien dit pour en tirer profit, dans notre affaire). C'est sûr que doubler une facture de 7,3 millions et le temps de réalisation en cours de route, avec tout un tas d'inconvénients très impactant sur la société cliente, ça fait vraiment mal. À noter aussi que la MAIF s'est plainte au TGI, et non au tribunal de commerce (je me demande pourquoi, en fait, puisque Niort en possède un ; va falloir que je demande à notre juriste). Je partage en tout cas l'analyse de l'experte de 01 (encadré tout en bas).



Au passage, un peu de linguistique historique, histoire d'expliquer le titre (il me semblait bien que le Littré n'allait pas au bout des choses entre dolus pour dol, et dolorem pour douleur -- quelqu'un a un Alain Rey sous la main ?) :

En latin classique, la notion de deuil fait partie du sémantisme de dolor. Cicéron, de Oratorio, 2, 199 : "Par mon discours, je ravivais la douleur (dolorem), de ceux qui avaient à pleurer des parents."
Ainsi dolus est une simple variante de dolor. Pourquoi apparaît-il ? Cela s'explique probablement par des considérations formelles et sémantiques :
- forme : le paradigme de dolor renferme une forme ambiguë : le génitif pluriel dolorum. Une réinterprétation permet le changement à dolus.
- sens : il y a des exemples limites : dolus : mal, malice; mal s'apparente à douleur.
L'exemple ambigu remonte au Ier ap., dans la Thébaïde de Stace, 5, 117-119, qui fait allusion aux crimes des Danaïdes qui tuèrent leur mari avec la complicité de leur père qualifié de "la‘tus (riche) dolorum (ruse et deuil)." La ramification au dédoublement lexical se produit à l'époque du latin tardif. La comparaison des langues romanes joue un rôle. L'histoire d'une langue particulière s'appuie aussi sur l'histoire des langues du même groupe.

vendredi, octobre 23 2009

oui, non, 42

PgAdmin, version windows (oui, je sais, mais le client est roi -- oui, je sais aussi), m'afficha un jour ce message :

Je ne compris point sa portée jusqu'à ce message de windaube 2003 serveur, alors que je faisais un glisser-déplacer depuis le gestionnaire de fichiers vers le bureau :

Voilà un abyme de perplexité dans lequel je fus sans ménagement jeté. Oui, non ? 42 !

(il semblerait qu'il faille interpréter ce message selon : "je veux copier/déplacer" / "je ne veux pas" ; et qu'on ne vienne pas me demander à quoi ça sert !)

mercredi, octobre 21 2009

encart publicitaire

Vos produits éditoriaux en « 24h » et « 4 à 8 jours » seront expédiés en une seule fois entre le 29/10/2009 et le 31/10/2009.

Votre site web a la polio (par exemple, un bouton "ajouter" qui fait un submit sur plusieurs champs dont certains cachés puisque sur des onglet en javascript, de telle sorte que si l'on s'était trompé de champs et que l'on en a rempli plusieurs avant de cliquer sur le bouton, il ne se passe rien de bon, tout en restant silencieux), et vous avez besoin d'aide pour sa refonte ? On peut vous aider...

(autrement, il y a des prestataires, parfois, qui ne méritent pas de s'approcher à moins de 200 mètres d'un ordinateur)

mercredi, avril 15 2009

no comment

Vista today, post-Service Pack 2, which is now in the marketplace, is the safest, most reliable OS we've ever built. It's also the most secure OS on the planet, including Linux and open source and Apple Leopard. It's the safest and most secure OS on the planet today.

Remarks by Kevin Turner, chief operating officer for Microsoft, about the role of CIOs in a changing economy
MidMarket CIO Summit
Redmond, Wash.
April 6, 2009